Comme un vase d'argile (1)

date_range 24 Juillet 2020

"La faiblesse: puissance de Dieu dans des vases fragiles"

 

 

"Je comprends très bien que ces affirmations puissent susciter chez le lecteur des sentiments de détresse, de découragement, voire de colère. Car la prise de conscience de ces limites remet en question la philosophie de la vie de nombreux chrétiens. C‘est non sans raison que plusieurs lecteurs pourraient m‘objecter: «A quoi sert donc la foi si elle ne peut juguler la souffrance? A quoi bon la rédemption, si elle ne me délivre pas dès ici-bas de la dépression et des handicaps psychiques?» C‘est précisément ici qu‘il faut changer sa façon de voir les choses. Ce n‘est qu‘au moment où s‘effondre la conception que l‘on s‘est forgée d‘une vie orientée vers la recherche d‘un bonheur terrestre que peut se développer une nouvelle conception de la vie, une conception inspirée par la foi en Dieu. La Bible ne nous révèle pas seulement les limites de notre existence, elle nous montre aussi la grande valeur de l‘homme dans sa faiblesse. Un thème parcourt tout l’Évangile: la puissance de Dieu agissant dans la faiblesse et la misère de ce monde. Les prophètes déjà avaient décrit le Messie à venir en termes qui ne s‘accordaient pas avec les idées courantes de beauté et de succès, de richesse et de puissance. Christ unit en sa personne deux grandes réalités: le Fils de Dieu et le fils de l‘Homme; les cieux rayonnants de splendeur et l‘étable exiguë et moisie de Bethléem; la toute-puissance du juge de l‘univers et la compassion du médiateur et grand prêtre; il est le Saint de Dieu et l‘«ami des pécheurs» (Lc 7:34). Il demeure «dans les lieux élevés et dans la sainteté, mais aussi avec l‘opprimé et celui qui est humilié dans son esprit, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs opprimés» (Es 57:15). Un fouet dans la main, il chasse les vendeurs du temple, mais «il ne brisera pas le roseau broyé, et il n‘éteindra pas la mèche qui faiblit» (Es 42:3). La Bible défend une conception de l‘homme radicalement différente de celle que nous sommes accoutumés à voir et qui correspond aux normes de ce monde. Jésus se tient du côté des faibles. Dieu se manifeste rarement par les puissants, il agit de préférence par le canal de celui qui est conscient de sa faiblesse. Par la grâce de Dieu, la valeur de l‘homme faible réside, non dans ses capacités, mais dans sa foi. Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, l‘apôtre Paul se sert d‘une image remarquable pour illustrer cette vérité. Il assimile l‘homme à un vase d‘argile dans lequel Dieu conserve son trésor, «pour que l‘on voie bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et non à nous» (2 Co 4:7, Bible en français courant). L‘apôtre poursuit: «Nous sommes accablés de toutes sortes de souffrances, mais non écrasés; nous sommes inquiets, mais non désespérés; on nous persécute, mais Dieu ne nous abandonne pas; nous sommes jetés à terre, mais non détruits... C‘est pourquoi nous ne perdons jamais courage. Même si notre être matériel se détruit peu à peu, notre être spirituel se renouvelle de jour en jour. La souffrance légère et momentanée que nous éprouvons nous prépare une gloire abondante et éternelle, beaucoup plus importante que cette souffrance. Car nous portons notre attention, non pas sur ce qui est visible, mais sur ce qui est invisible. Ce qui est visible ne dure que peu de temps, mais ce qui est invisible dure toujours.» (2 Co 4:8-9, 16-18, Bible en français courant) Voilà ce qu‘est la juste perspective de la vie et la véritable espérance; elles vont bien au-delà de la simple aspiration à une guérison extérieure. Les chrétiens qui prennent la Parole de Dieu au sérieux ne croisent pas les bras en signe de résignation. Ils puisent leur force à une source nouvelle. Pour eux, la guérison ne se limite pas à des changements extérieurs. Leur espérance subsiste, même quand leurs forces vitales naturelles sont épuisées. Si les médecins, conseillers et proches considèrent le malade psychique dans cette perspective, sa faiblesse requiert leur aide pratique, comme cela a été expliqué au chapitre précédent. Ils deviennent des collaborateurs en appuyant le processus voulu par Dieu qui renouvelle jour après jour les forces du faible, même s‘il doit vivre dans des limites restreintes. Les limites extérieures sont souvent compensées par une nouvelle liberté intérieure. Quand cesse la révolte contre les handicaps, les énergies peuvent se mettre au service de la croissance intérieure. Dans son livre Ärztliche Seelsorge, Victor Frankl fait observer ceci: «La vie a encore un sens fondamental, même si elle n‘est plus créatrice ni riche en événements. Il existe des valeurs qui prennent tout leur relief dans la manière dont l‘homme conçoit ses limitations. Son propre comportement à l‘égard de la restriction de ses possibilités s‘ouvre sur un univers de valeurs qui comptent certainement parmi les plus nobles."

 

(Texte écrit par un auteur chétien, probablement psychothérapeuthe ou psychiâtre dont je n'ai pas pu retrouver le nom malgré des recherches sur Internet- Que cet auteur s'il se reconnait veuille bien me pardonner d'avoir mis cet article en ligne sans son autorisation)

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